Plus de volume ne veut pas dire plus de progrès
En CrossFit, s’entraîner plus ne garantit pas de progresser plus.
Au-delà d’un certain seuil, le volume supplémentaire rapporte de moins en moins et augmente le risque de blessure. Ce qui compte, ce sont les résultats, pas le nombre d’heures.

Le piège du volume
Le CrossFit demande de développer énormément de qualités, de mouvements et de disciplines. Les athlètes tombent facilement dans le piège de vouloir tout développer en même temps.
Résultat : dans la psychologie de l’athlète CrossFit, le volume est devenu une fierté à mettre en avant, plus que les résultats eux-mêmes.

D’où vient le culte du volume
Rich Froning et Mat Fraser
Rich Froning puis Mat Fraser, multiples vainqueurs des CrossFit Games, avaient la réputation de s’entraîner énormément. Leur domination a donné un visage à la hype du volume.
Mais ce sont deux exceptions. Leur méthode a fonctionné pour eux, pas forcément pour les autres.
Trois athlètes qui disent le contraire

Jayson Hopper, du surmenage à la victoire
Athlète des Games depuis 2022, il rejoint HWPO, la structure de coaching de Mat Fraser. Il voulait faire comme Mat et pensait que c’était le seul moyen de gagner.
Résultat : ses pires performances en compétition, et un état physique et mental dégradé. Il quitte HWPO pour Brute Strength et remporte les CrossFit Games 2025.
Dans un podcast avec Sevan Matossian, il explique sauter des entraînements les jours où il ne peut pas mettre l’intensité demandée. C’est l’inverse de la mentalité CrossFit dominante : faire sa séance, peu importe la forme du jour.

Kara Saunders, 4 jours par semaine
CrossFit Games 2017 : elle termine 2e, à quelques points de Tia-Clair Toomey, future athlète la plus titrée de l’histoire du CrossFit.
Elle ne s’entraîne que 4 jours par semaine. Son volume est environ deux fois moins important que celui de Mat Fraser, vainqueur chez les hommes la même année.
Tommy Vinas, 3 séances par semaine
Qualifié aux CrossFit Games 2017. Il ne s’entraîne que 3 fois par semaine, à cause de ses obligations familiales et professionnelles. C’est jusqu’à 4 fois moins que certains concurrents, et même que des athlètes de niveau bien inférieur.
Il remporte pourtant l’épreuve de 1RM snatch avec 143 kg.
Ce que dit la science

Le risque de blessure
Selon Naderi et al. (2025), chez les pratiquants de CrossFit, chaque heure d’entraînement supplémentaire au-delà d’un certain volume augmente fortement le risque de blessure, de l’ordre de 35 %. Cela concerne surtout les compétiteurs qui ont déjà un gros volume.
Les gains de force
Selon Ralston (2017), la relation entre volume et gains de force suit un rendement décroissant. Au-delà d’un certain volume, on progresse de moins en moins.
Conclusion
Plus de volume ne veut pas dire plus de résultats : les meilleurs athlètes du monde et la recherche le montrent. S’entraîner tous les jours n’a aucun mérite en soi si cela ne fait pas progresser.
Ce qui compte, c’est le résultat.
Les chiffres à retenir
- 2e aux Games 2017 avec 4 jours d’entraînement par semaine (Kara Saunders)
- 3 séances par semaine, et 143 kg au 1RM snatch aux Games 2017 (Tommy Vinas)
- +35 % de risque de blessure par heure supplémentaire au-delà d’un certain volume (Naderi et al., 2025)
- Rendement décroissant entre volume et gains de force (Ralston, 2017)